Arrêté grand-ducal du 29 juillet 1912 instituant un examen de maturité spécial pour les aspirantes aux fonctions de professeur des lycées.

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Arrêté grand-ducal du 29 juillet 1912, instituant un examen de maturité spécial pour les aspirantes aux fonctions de professeur des lycées de jeunes filles.

Nous MARIE-ADELAIDE, par la grâce de Dieu Grande-Duchesse de Luxembourg, Duchesse de Nassau, etc., etc., etc.;

Vu la loi du 17 juin 1911, concernant l'organisation de l'enseignement moyen des jeunes filles;

Notre Conseil d'État entendu;

Sur le rapport de Notre Directeur général des finances et après délibération du Gouvernement en conseil;

Avons arrêté et arrêtons:

Art. 1er.

En vertu de l'art. 13 de la loi du 17 juin 1911, concernant l'organisation de l'enseignement moyen des jeunes filles, il est institué, pour un terme de six ans, qui commence à courir à partir de la date de la promulgation de la dite loi, un examen de maturité spécial pour les aspirantes aux fonctions de professeur des lycées de jeunes filles.

Art. 2.

L'examen a lieu à Luxembourg, en deux sessions, l'une de Pâques et l'autre d'automne, devant une commission composée d'un commissaire du Gouvernement, comme président, et de quatre membres appartenant, en nombre égal, à chacun des lycées de jeunes filles de Luxembourg et d'Esch-s.-Alz.

Il est toutefois loisible au Gouvernement de choisir un ou plusieurs des membres en dehors du personnel enseignant des lycées.

La commission élit son secrétaire parmi ses membres.

Il est nommé en outre deux membres suppléants.

Art. 3.

Le Gouvernement fixe le jour de l'ouverture de la session ainsi que la date à laquelle les demandes d'admission devront lui être parvenues.

Art. 4.

L'examen de maturité est divisé en deux parties.

Les épreuves de la seconde partie ne pourront avoir lieu plus tôt qu'à la session qui suivra celle à laquelle les premières épreuves auront été subies avec succès par l'intéressée.

Art. 5.

Les épreuves sont les unes écrites, les autres orales.

La durée des épreuves écrites est fixée par arrêté ministériel; celle des épreuves orales, par le commissaire du Gouvernement.

Art. 6.

Les épreuves de la première partie portent sur les matières suivantes:

sur la doctrine chrétienne, programme de la IIe:
sur les littératures allemande, française et latine, en tant qu'elles rentrent dans le programme de la section latine des classes de IIIe et IIe;
sur certaines parties de l'algèbre et de la géométrie à désigner dans les programmes de la section latine des classes de IVe, IIIe et IIe;
sur l'histoire moderne en tant qu'elle ne rentre pas dans le programme de la Ire classe;
sur la physique théorique, programme de la IIe;
sur la chimie théorique, programme de la IIe;
sur les sciences naturelles, programme de la IIe.

Des programmes détaillés préciseront le cadre des matières figurant au numéro 2 ci-dessus.

Les épreuves écrites auront pour objet:

un thème latin sur les règles de la syntaxe;
la traduction en allemand d'un texte classique français;
la traduction en français d'un texte classique allemand;
des questions d'algèbre et de géométrie.

Les épreuves orales comprendront:

des interrogations sur la doctrine chrétienne;
des interrogations sur des textes allemands, français et latins choisis dans les ouvrages inscrits aux programmes de la section latine des classes de IIIe et de IIe;
des interrogations sur l'histoire;
des interrogations sur la physique;
des interrogations sur la chimie;
des interrogations sur les sciences naturelles.

Art. 7.

Les épreuves de la seconde partie de l'examen de maturité ne portent que sur le programme de la Ire classe et ont pour objet: la doctrine chrétienne; les langues allemande, française, anglaise et latine; l'algèbre, la géométrie et la trigonométrie; l'histoire; la physique théorique; la chimie théorique; les sciences naturelles; la cosmographie, et les éléments du droit public et administratif du Grand-Duché.

Les épreuves écrites portent sur les langues allemande, française, anglaise et latine ainsi que sur les mathématiques.

Les épreuves orales ont pour objet les matières du programme de la Ire qui ne font pas partie des épreuves écrites ainsi que des interrogations sur les auteurs allemands, français et latins inscrits au programme de la section latine de la Ire.

Art. 8.

Une demi-heure avant l'ouverture de chaque séance de l'épreuve écrite, le commissaire du Gouvernement réunit la commission pour délibérer sur le choix des sujets ou questions à traiter dans la séance respective.

Les réponses doivent être écrites sur des feuilles à en-tête parafées par le président ou le membre de la commission que celui-ci désignera à cette fin.

Art. 9.

Durant les épreuves écrites, les aspirantes sont constamment surveillées par deux membres de la commission.

Elles ne peuvent avoir aucune communication avec le dehors ni entre elles, sous peine l'exclusion. Il leur est interdit d'apporter aucun cahier, aucune note, aucun livre autres que ceux qui auront été autorisés.

En cas de contravention, la commission prononce sans recours la nullité de l'épreuve de la contrevenante aussi bien que de celle de sa complice, ce qui implique leur renvoi à la prochaine session.

Les aspirantes sont prévenues, dès l'ouverture de l'examen, des suites que pourraient avoir pour elles toute fraude ou toute tentative de fraude.

L'aspirante qui n'a pas terminé son travail dans le délai fixé, le remet inachevé, le cas échéant avec le brouillon.

Art. 10.

Les épreuves écrites et orales terminées, la commission se réunit pour statuer sur l'admission ou le rejet des aspirantes.

L'aspirante rejetée ne pourra se présenter que dans une prochaine session.

Art. 11.

Nul ne peut en qualité de membre, de la commission prendre part à l'examen d'une de ses parentes ou alliées jusque et y compris le quatrième degré.

Art. 12.

L'appréciation du résultat des différentes épreuves se traduit par des chiffres et des points conformément à l'échelle adoptée pour l'appréciation trimestrielle des progrès des élèves.

Art. 13.

Après chaque partie de l'examen il est délivré aux aspirantes admises un certificat constatant qu'elles ont subi l'épreuve.

Art. 14.

La commission dressera un procès-verbal de ses opérations et le transmettra au Gouvernement avec les épreuves écrites.

Les membres de la commission sont tenus de garder le secret des délibérations.

Art. 15.

Chaque membre de la commission a droit à une indemnité de 50 fr. pour chaque partie de l'examen, en dehors des frais de route et de séjour qui sont liquidés conformément au règlement du 3 mai 1869.

Art. 16.

Notre Directeur général des finances est chargé de l'exécution du présent arrêté.

Le Directeur général des finances,

M. MONGENAST.

Château de Berg, le 29 juillet 1912.

MARIE-ADELAÏDE.


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