Circulaire ministérielle du 20 juin 1906 relative à l'organisation des écoles pour l'année scolaire 1906-1907.

Adapter la taille du texte :

Circulaire relative à l'organisation des écoles pour l'année scolaire 1906 07.

Les administrations communales auront à s'occuper au commencement du mois prochain de l'organisation de leurs écoles pour l'année 1906-07. Les formulaires nécessaires à ce travail leur parviendront sous peu par l'intermédiaire de MM. les commissaires de district.

Le choix des heures à consacrer à l'enseignement des ouvrages manuels présente quelquefois des difficultés aux administrations communales.

Voici l'horaire que proposent les autorités scolaires:

Dans les écoles mixtes, dirigées par un instituteur, les filles de l'école primaire pourront recevoir l'enseignement des ouvrages manuels le jeudi, de 9½ heures à midi. Si les filles adultes ne peuvent être instruites avec celles de l'âge scolaire obligatoire, l'enseignement leur sera donné dans l'après-midi du jeudi.
Dans les écoles mixtes dirigées par une institutrice, le cours d'ouvrages manuels sera donné le jeudi de 9½ heures à midi. Il sera commun aux filles adultes et à celles de l'école primaire.
Dans les localités ayant des écoles séparées pour filles, les ouvrages à l'aiguille seront enseignés aux filles adultes, le jeudi, de 9½ h. à midi, si c'est l'institutrice qui donne le cours.

Si c'est une personne spéciale qui en est chargée, le cours pourra se faire dans l'après-midi du jeudi.

De cette manière, institutrice et élèves conserveront leur demi-journée de congé hebdomadaire et les garçons ne perdront pas trop de leur temps de classe.

Dans certaines communes rurales l'entretien de la propreté dans les locaux scolaires laisse encore à désirer. Quelquefois aussi ce service est abandonné aux élèves. Cette manière d'agir est contraire à la loi du 20 avril 1881 qui impose à la caisse communale les dépenses nécessaires au service de la propreté. Cela revient à dire que les communes doivent allouer des crédits suffisants pour rémunérer convenablement une personne adulte, chargée d'entretenir la maison d'école dans l'état de propreté désirable. Les administrations communales feront bien de fixer par un règlement les obligations incombant à celte personne. L'art. 20 du règlement d'ordre pour la tenue des écoles pourra les guider dans la rédaction du document en question, qui sera affiché dans les écoles et dont l'exécution sera surveillée par le personnel enseignant et les commissions locales.

Quelques communes ont l'ait l'essai, dans leurs salles d'école, d'un vernis de plancher appelé «Staubfeind» et destiné à empêcher la formation de la poussière, si pernicieuse à la santé des élèves et du personnel enseignant. Cet essai a donné les meilleurs résultats et il serait à désirer que l'usage de cet enduit se généralisât dans nos écoles.

L'année dernière j'avais recommandé aux administrations communales de réduire autant que possible des dispenses de fréquentation, prévues par l'art. 11 de la loi organique Noire enseignement primaire ne comprend, en règle générale, que six aimées d'études et cependant notre programme est aussi chargé que celui de n'importe quel autre pays. Le moins que nous puissions faire, c'est de mettre toute la période scolaire à profit, et de ne pas arrêter les progrès des élèves par des dispenses intempestives.

L'art. 11 de la loi scolaire ne doit pas être interprété en ce sens que tous les enfants de 10 à 12 ans sont dispensés de la classe du matin pour se livrer à la garde du bétail. Les administrations communales de la partie méridionale du pays n'usent pas du tout de cette dispense. Ce n'est que dans les Ardennes qu'on en fait usage et là encore les administrations communales bien avisées ont limité cette dispense à une partie de la matinée.

Il est donc constaté qu'on peut se passer de ces dispenses ou du moins qu'on peut les réduire dans une forte mesure. J'espère donc qu'elles disparaîtront peu a peu de noire organisation scolaire ou du moins qu'elles seront réduites de manière à ne pas causer trop de tort à notre enseignement primaire.

D'un autre côté, l'extension de l'âge obligatoire se fait de plus en plus sentir. Les administrations communales qui s'intéressent à l'éducation et à l'instruction de la jeunesse ont déjà décrété l'extension de la scolarité, les unes pour six mois, les autres pour une année entière. Cette mesure a produit de bons résultats et il est à souhaiter qu'elle soif appliquée bientôt dans toutes les communes du pays.

Luxembourg, le 20 juin 1906.

Le Directeur général de l'intérieur,

H. KIRPACH.


Retour
haut de page