Circulaire ministérielle du 16 juin 1908 relative à l'organisation des écoles pour l'année scolaire 1908-1909.

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Circulaire du 16 juin 1908 relative à l'organisation des écoles pour l'année scolaire 1908-1909.

Conformément à l'art. 32 de la loi du 20 avril 1881, les conseils communaux délibéreront au commencement du mois de juillet prochain sur l'organisation de leurs écoles, pour l'année scolaire 1908-1909. Les formulaires qui «serviront à ce travail leur parviendront sous peu par l'intermédiaire de MM. les commissaires de district. Ces formulaires ont subi quelques changements, dont il sera facile de reconnaître le but et la portée.

Dans le courant de l'année scolaire, quelques décisions sont intervenues qui intéressent la marche générale de l'enseignement et qu'il échet de porter à la connaissance de tous les organes du service de l'enseignement. Elles concernent:

L'admission à l'école des enfants au-dessous de l'âge scolaire. - L'admission à l'école des enfants âgés de moins de six ans au commencement de l'année scolaire est réglée par l'art. 31 de la loi scolaire et l'art. 17 de la loi du 7 août 1906. Par suite de considérations hygiéniques et pédagogiques, on cherche aujourd'hui à écarter ces enfants de l'école, ou, pour le moins, à leur en rendre l'accès difficile. Dans cet ordre d'idées et pour rester conforme aux prescriptions sur la matière, il y a lieu d'exiger des parents qui désirent faire admettre à l'école des enfants au-dessous de l'âge scolaire, qu'ils présentent, au mois de septembre, une demande par écrit au conseil communal. Celui-ci statuera sur ces demandes, après avoir consulté, soit le médecin des écoles, soit la commission locale et l'instituteur sur le point de savoir si les enfants en question possèdent la maturité voulue (art. 31). En même temps le conseil communal fixera le montant de la rétribution scolaire à payer par les parents, car tant que le principe de la gratuité absolue de renseignement n'est pas inscrit dans nos lois scolaires, l'autorité communale reste toujours autorisee à percevoir un droit d'écolage. L'instituteur n'a pas un droit strict à être indemnisé du chef de la fréquentation de l'école par cette catégorie d'enfants, mais les administrations communales poseront un acte d'équité en indemnisant leur personnel enseignant du chef des élèves au-dessous de l'âge scolaire, si le nombre des autres élèves s'élève à quarante au moins.
Les nominations et démissions d'instituteurs. - L'administration éprouve quelquefois des difficultés à établir les bases de la liquidation des pensions du personnel enseignant, par suite des indications trop imprécises contenues dans les titres de nomination et de démission versés au dossier. Pour la même raison y a-t-il eu des différences en ce qui concerne la liquidation des traitements, surtout lorsqu'un instituteur du Nord du pays est déplacé dans le Sud. Pour remédier à ces inconvénients, les administrations communales voudront à l'avenir indiquer dans leurs délibérations afférentes la date précise à laquelle une nomination ou une démission doit entrer en vigueur. MM. les commissaires de district renverront aux communes toute délibération qui ne satisfait pas à cette prescription.
Les congés et jours libres. - Cette année encore des plaintes me sont parvenues au sujet des congés trop largement accordés par le personnel enseignant. Je crois donc devoir renvoyer au passage afférent de ma circulaire du 17 juin 1907 et je prie les organes de la surveillance des écoles à me signaler tous les abus qui pourraient encore se produire sous ce rapport.
L'horaire des classes primaires. - Le règlement sur la tenue des écoles prescrit que les choses dureront de 5 à 6 heures par jour. S'il y a des communes qui ont des motifs pour adopter la durée minima, ces motifs seront indiqués dons la délibération organique. Aucune commune ne pourra abaisser le temps de classe au-dessous de 5 heures par jour.
L'horaire des cours du soir. - Nous avons aujourd'hui des écoles d'adultes dans presque toutes les localités du pays. Ces cours sont appelés à compléter l'éducation et l'instruction de la jeunesse et ils méritent de la part des autorités scolaires une attention spéciale. L'expérience a démontré que les heures consacrées à ces cours ne doivent pas être fixées trop tard dans la soirée; au contraire, il faut les avancer le plus possible. En général, les cours du soir doivent être finis à 8 heures
Les listes de vaccination. - L'art. 30 de la loi scolaire impose aux administrations communales l'obligation de remettre à chaque instituteur, au commencement de l'année scolaire, une copie certifiée de la liste nominative des enfants vaccinés dans chaque commune. J'apprends qu'il n'est pas toujours satisfait à cette obligation. Une négligence sous ce rapport peut cependant entraîner des conséquences graves et engager fortement la responsabilité des administrations communales J'engage donc celles-ci à s'en tenir scrupuleusement aux prescriptions de la loi.
Bibliothèques scolaires. - Ces bibliothèques répondent à un intérêt de premier ordre; elles foraient le complément indispensable des cours d'adultes. Le Gouvernement a deja fait de grands sacrifices par la création de ces bibliothèques; mais les communes doivent intervenir pour les augmenter et les renouveler. J'ai appris avec plaisir que des particuliers s'intéressent à nos collections de livres et leur font des dons d'ouvrages appropriés. MM. les bibliothécaires ne doivent pas se lasser de faire des démarches dans l'intérêt de l'accroissement des collections confiées à leur garde.

La fréquentation scolaire. - Dans les derniers temps les commissions locales, ou du moins une partie d'entre elles, ont montré plus de zèle en ce qui concerne l'exécution de la loi sur l'enseignement obligatoire; aussi les résultats ne tarderont-ils pas à se faire sentir. Dans les Ardennes la garde du bétail fait encore du tort à la fréquentation scolaire. Mais les irrégularités diminuent d'année en année. Pendant les prochaines vacances d'automne, les commissions locales seront intégralement renouvelées. Les administrations communales auront alors soin de ne nommer dans ces commissions que des personnes qui sont aptes et décidées à remplir consciencieusement le mandat leur confié.

Il me reste à rappeler aux administrations communales qu'elles doivent joindre a leurs délibérations organiques une liste des enfants qui, pour cause d'infirmités, ne peuvent pas suivre l'enseignement à l'école primaire proprement dite. Le Gouvernement avisera aux moyens de faire donner à ces enfants l'instruction et l'éducation dont ils sont capables.

Luxembourg, le 16 juin 1908

Le Directeur général de l'intérieur,

H. KlRPACH


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