Circulaire du 14 juin 1919 relative à l'organisation des écoles primaires pour l'année scolaire 1919-1920.

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Circulaire du 14 juin 1919, relative à l'organisation des écoles primaires pour l'année scoscolaire 1919-1920.

Conformément aux art. 20 et 61 de la loi scolaire du 10 août 1912, les administrations communales auront à délibérer sous peu sur l'organisation des écoles primaires et des cours postscolaires de leur ressort pour l'année scolaire 1919-1920. Les objets de cette délibération, ainsi que les conditions dans lesquelles elle sera prise ou modifiée, seront déterminées prochainement par un règlement spécial. En attendant la publication de ce règlement, les autorités communales voudront se baser, pour la délibération organique, sur les circulaires antérieures, en prêtant une attention particulière aux instructions ci-après:

Le travail organique sera accompagné d'un relevé du nombre des enfants de chaque année d'étude, sans indication des noms. Les listes définitives des élèves, avec indication des noms, seront dressées par le personnel enseignant dans la première quinzaine de l'année scolaire. Elles seront remises par celui-ci à l'administration communale, qui les transmettra au Gouvernement, après les avoir dûment vérifiées et, le cas échéant, complétées. Le relevé des élèves de la première année d'études, ainsi que celui de tous les élèves nouvellement admis aux écoles de la commune, dans n'importe quelle classe, seront dressés par l'administration communale, avec toutes les indications requises. La liste des élèves des cours postscolaires indiquera la date de la revaccination et non celle de la première vaccination.

L'organisation scolaire devra également arrêter le commencement et la fin des récréations. Celles-ci auront lieu de préférence vers la fin de la deuxième heure de classe et dureront quinze minutes.

Le travail organique spécifiera en outre la manière dont l'instituteur préposé à une école mixte aura à s'occuper des garçons pendant les leçons de travaux à l'aiguille. Le plan d'études général porte à ce sujet ce qui suit: «Dans les localités disposant d'une salle spéciale, pour l'enseignement des travaux à l'aiguille, les garçons d'écoles mixtes feront, pendant les leçons en question, des exercices de calcul des surfaces et des volumes, de dessin et de rédaction allemande. Dans les autres localités, l'instituteur entreprendra avec les garçons, aussi souvent que le temps le permet, des promenades instructives destinées à approfondir leurs notions du pays natal et de sa géographie, à vivifier l'enseignement des sciences naturelles et à appliquer le calcul des surfaces et des volumes.»

Au cas que le travail organique ne puisse être approuvé par le Gouvernement que sous certaines réserves, l'administration communale est tenue de se prononcer, par délibération spéciale, dans le délai d'un mois, sur les suites qui auront été données aux observations et recommandations de l'autorité supérieure.

Aux termes de l'art. 62 de la loi scolaire, les cours postscolaires seront ouverts au moins cinq mois chaque année, pendant la saison d'hiver, soit du 15 octobre au 15 mars, soit du 1er novembre au 1er avril; le nombre des leçons est au moins de six heures par semaine. En conséquence, les cours postscolaires devront non seulement avoir la durée légale, mais encore commencer et finir aux dates fixées par l'organisation. En cas que les cours n'atteignent pas le minimum de durée, le Gouvernement peut, en vertu de l'art. 79 de la loi scolaire réduire ou supprimer le subside afférent. Il a été constaté que les cours postscolaires ont donné de meilleurs résultats dans les communes où ils n'ont pas eu lieu trop tard dans la soirée. J'engage dès lors les administrations communales à fixer ces cours autant que possible dans la journée ou, du moins, à les avancer à tel point que la clôture n'en ait pas lieu après huit heures du soir.

Malgré le rappel réitéré des prescriptions sur le nettoyage des écoles et de leurs dépendances, le fonctionnement de ce service laisse toujours à désirer dans certaines communes. J'exhorte vivement les administrations communales visées à se conformer aux prescriptions. Je rappelle notamment la défense formelle de charger des élèves du nettoyage des salles de classe, voire des lieux d'aisance.

Le Gouvernement est décidé à mettre un terme à cet abus déplorable, qui s'est produit dans quelques rares communes, peu soucieuses du bien des enfants et de leur propre dignité. Il compte à cette fin sur l'appui efficace des autorités intéressées et surtout des commissions scolaires. Les administrations communales voudront veiller à ce que le nettoyage de l'école se fasse le soir après le temps de classe. Dans la période des cours postscolaires, les salles y affectées sont à nettoyer le soir, après ces cours; s'il est impossible de se conformer à cette prescription, le nettoyage pourra avoir lieu, exceptionnellement, le lendemain matin, une heure au moins avant le commencement des classes.

Les autorités scolaires ont signalé que, dans un grand nombre de communes, les salles de classe servent trop souvent à des usages étrangers à l'enseignement, notamment à des réunions de toutes sortes de sociétés. Cette pratique ne manque pas d'exercer des effets néfastes sur les conditions hygiéniques de la salle de classe, quand même celle-ci serait nettoyée à fond après les réunions en question. Cependant, dans beaucoup de cas et en dépit de toutes les recommandations, la personne chargée de ce service se contentera d'un nettoyage superficiel, vu l'heure avancée où les réunions ont ordinairement lieu. En vue d'enrayer ce mal, j'invite les administrations communales à interdire toute espèce d'assemblées dans les salles de classe. L'intérêt de la santé des élèves devra primer toute autre considération. Pour le cas où, par exception, le local scolaire devrait encore servir à une réunion, les autorités locales ordonneront le nettoyage à fond de la salle et s'assureront de l'exécution parfaite de ce service. MM. les commissaires de district et MM.les inspecteurs d'écoles voudront me signaler les communes où l'abus susvisé perdurerait.

Dans bien des localités les bâtiments scolaires et leurs dépendances, les cours de récréation, le mobilier scolaire et le matériel d'enseignement ont été endommagés par les troupes qui y cantonnèrent au commencement de l'année scolaire. Les communes en question présenteront au Gouvernement leurs réclamations en dommages-intérêts. Elles veilleront en outre à ce que les réparations nécessaires soient achevées pour la rentrée des classes en automne.

L'art. 8 de la loi scolaire dispose que, «sur la demande du conseil communal, l'inspecteur entendu, le Gouvernement pourra dispenser les enfants âgés de onze ans accomplis de fréquenter l'école pour un temps déterminé, soit pendant la journée entière, soit pendant une partie de la journée, pour leur permettre d'assister leurs parents ou tuteurs.» Pendant les dernières années, le Gouvernement a cru devoir accorder ces dispenses dans une mesure assez large, en vue de tenir compte de la difficulté des temps et de la situation extrêmement critique de certaines familles. Ces raisons n'existeront plus guère l'année prochaine. Dès lors, les dispenses ne pourront plus être accordées que dans des cas exceptionnels. Conformément à la loi, ces dispenses ne peuvent être octroyées que par le Gouvernement. Tant que l'autorité supérieure n'aura pas statué sur les demandes, en dispense, les enfants resteront obligés de fréquenter l'école. Ces demandes seront donc à soumettre en temps utile aux conseils communaux, qui devront procéder le plus tôt possible aux délibérations afférentes. Il n'est pas inutile de rappeler que la loi ne prévoit pas pour les cours postscolaires les dispenses générales que l'art. 8 précité admet pour les écoles primaires.

Par la circulaire du 3 juin 1918, les administrations communales ont été invitées à contracter des assurances contre les accidents qui seraient occasionnés par les élèves ou dont ceux-ci seraient victimes pendant le temps qu'ils sont sous la surveillance du maître. Je saisis l'occasion de renouveler cette recommandation, qui vise à exonérer l'instituteur des effets de la grave responsabilité que la législation actuelle fait peser sur lui.

Luxembourg, le 14 juin 1919.

Le Directeur général de l'Instruction publique,

N. WELTER.


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