Circulaire du 30 mai 1925 aux administrations communales relative à l'organisation des écoles primaires pour l'année scolaire 1925-1926.

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Circulaire du 30 mai 1925 aux administrations communales, relative à l'organisation des écoles primaires pour l'année scolaire 1925-1926.

Conformément aux articles 20 et 61 de la loi scolaire, les administrations communales auront à délibérer prochainement sur l'organisation des écoles primaires et cours postscolaires de leur ressort pour l'année 1925-1926.

En ce qui concerne les écoles primaires et primaires supérieures, l'organisation que les conseils communaux ont établie l'année dernière pourra rester en vigueur comme organisation- type jusqu'à la fin de l'année scolaire 1928-1929. La délibération afférente portera donc sur la question de savoir si l'organisation-type est à maintenir ou s'il échet d'y apporter des changements essentiels. Cette délibération est à soumettre au Gouvernement en triple exemplaire. Au cas où l'organisation-type n'est susceptible que d'adaptations purement techniques (questions d'horaires etc.), il suffira que les administrations communales ou leurs délégués, p. ex. les commissions scolaires, se mettent d'accord avec les inspecteurs d'arrondissement; l'administration centrale n'en est à saisir qu'en cas de difficultés réelles.

Quant aux cours postscolaires, il est pratiquement impossible d'introduire des organisations-types, valant pour une série d'années.

Toutes les administrations communales devront donc procéder à l'élaboration d'une nouvelle organisation de leurs cours postscolaires pour l'année 1925-1926; des formulaires leur seront adressés à cette fin.

Les délibérations relatives à l'organisation des écoles primaires et primaires supérieures, ainsi que des cours postscolaire sont à prendre dans le courant du mois de juin. Elles devront être accompagnées des relevés statistiques ci-après:

nombre des élèves de chaque école primaire et primaire supérieure et de chaque année d'études, avec les noms des titulaires des écoles, mais sans les noms des élèves;
nombre des élèves de chaque cours postscolaire (avec le nom du titulaire) et nombre des élèves de l'âge postscolaire (garçons et filles) de chaque section, également de celles où un cours postscolaire ne pourra être établi.

En outre, les autorités communales feront dresser en temps utile une liste nominative des élèves à admettre nouvellement en première année d'études avec toutes les indications requises. Cette liste est à remettre avant le commencement de l'année scolaire au personnel enseignant qui, après l'avoir transcrite sur le registre matricule des classes l'adressera à l'inspecteur aux fins de contrôle.

Les relevés à joindre aux délibérations organiques permettront aux autorités scolaires d'apprécier dans quelle mesure des économies pourront être réalisées dans l'enseignement primaire conformément au voeu de la Chambre des députés. Le Gouvernement a établi à ce sujet les normes provisoires ci-après par la circulaire du 31 mai 1924 et différentes décisions subséquentes:

Ecoles primaires. - Aucune nomination nouvelle n'est approuvée si l'effectif des écoles n'atteint pas les chiffres, qui suivent: un minimum de 10 élèves pour l'école unique de petits villages et une moyenne de 45 élèves pour les différentes écoles de localités plus peuplées. Aucune école ne sera supprimée contrairement au voeu de l'administration communale, du moment que la moyenne de 45 élèves serait dépassée en suite de la suppression d'une école. Dans les villages à deux écoles aucune école ne sera supprimée contrairement au voeu des communes, si le nombre total des élèves est d'au-moins 40; ce chiffre tient compte des conditions particulièrement difficiles dans lesquelles se donne l'instruction dans les écoles mixtes à sept années d'études.
Ecoles primaires supérieures. - Aucune nomination nouvelle n'est approuvée s'il n'est établi par la statistique des dernières années que l'école est viable et que les dépenses occasionnées par elle sont justifiées. Pour cette statistique, il sera tenu compte exclusivement des élèves proprement dits qui ont fréquenté l'école, c'est-à-dire de ceux qui étaient en possession du certificat d'études primaires.
Cours postscolaires. Dans les localités plus peuplées, il ne sera procédé au dédoublement d'un cours postscolaire que lorsque l'effectif de 25 élèves est dépassé. Il pourra être dérogé à cette règle par rapport aux cours préparatoires, destinés à des élèves qui n'avaient pu avancer jusqu'en VIme année d'études, ainsi que par rapport aux cours qui réunissent des élèves par groupes de professions, resp. par professions. Quant aux villages, il est fixé un minimum de 6 élèves pour l'organisation d'un cours de garçons ou de filles. Lorsque ce minimum n'est pas atteint, il y a lieu d'examiner, si le cours ne peut pas être réuni à relui d'une localité voisine, en fixant le cours combiné à des heures de l'après-midi. Si cette possibilité n'existe pas, la commune pourra être dispensée de l'organisation du cours insuffisamment peuplé, en vertu de l'art. 60 de la loi scolaire; en cas qu'elle entende maintenir le cours, celui-ci sera mis à la charge exclusive de son budget.

Par une circulaire en date du 17 septembre 1924, le Gouvernement a recommandé aux administrations communales dispensées de l'organisation d'un cours postscolaire à effectif insuffisant, d'astreindre les élèves intéressés de la 1ère année postscolaire à suivre l'école primaire pendant un semestre supplémentaire. Ces élèves auront ainsi une certaine compensation de l'enseignement postscolaire, sans qu'il en résulte des charges pour la commune, ni des inconvénients sensibles pour les parents, puisque les enfants seront à leur entière disposition dès le commencement de la bonne saison. J'engage vivement toutes les administrations communales dispensées de l'organisation de cours postscolaires, soit qu'il y ait trop peu d'élèves, soit qu'il n'y ait pas de titulaire (ce qui est la règle dans les petites localités pour le cours de l'un des deux sexes), à introduire, en vertu de l'art. 1er de la loi, un semestre d'études supplémentaire pour tous les enfants qui sont privés des bienfaits de l'enseignement postscolaire.

Pour rendre efficace l'enseignement ménager prévu par le nouveau programme des cours postscolaires de filles, il a été installé des cuisines scolaires dans un grand nombre de communes. J'invite les administrations communales qui n'ont pas encore procédé à cette mesure à aménager des cuisines scolaires partout où il y a des élèves en nombre suffisant. Dans les petites localités, l'institutrice chargée de la direction du cours ne refusera certainement pas de donner les leçons pratiques dans sa propre cuisine si elle est dédommagée de ses frais par une indemnité spéciale.

La situation des instituteurs atteints de tuberculose a été réglée provisoirement par instruction du 2 octobre 1924 dans un sens aussi favorable que possible pour le personnel enseignant. Il importe par contre, que l'Etat et les communes exigent de la part des candidats-instituteurs toutes les garanties désirables d'aptitude physique non seulement pour des considérations budgétaires, mais encore et surtout dans l'intérêt de la bonne marche de l'enseignement et de la santé des enfants. Conformément à la loi scolaire, aucun élève n'est admis à l'école normale si l'état de sa santé le rend impropre à l'exercice de la profession d'instituteur. Le Gouvernement a, en outre, créé auprès des écoles normales un service régulier d'inspection médicale. De plus, les aspirants au brevet provisoire et au brevet d'aptitude pédagogique sont tenus de produire un certificat de la part de médecins désignés par le Gouvernement. A l'avenir, ce contrôle sera renforcé en ce sens que la nomination définitive des instituteurs et des institutrices sera subordonnée à la production d'un certificat de la part du médecin-inspecteur du ressort. Ce certificat est à joindre à la délibération.

Malgré les doléances du College médical et les réclamations des autorités scolaires, l'hygiène scolaire laisse toujours à désirer dans certaines communes où le service de nettoyage des bâtiments scolaires se fait d'une façon défectueuse. Conformément à la circulaire du 31 mai 1924, le Gouvernement ordonnera une réduction des subsides de l'Etat à l'égard de ces communes, au cas où la situation ne se sera pas améliorée pendant l'année scolaire 1924-25. MM. les inspecteurs voudront me faire rapport à ce sujet. Pour que le service en question fonctionne régulièrement, il est avant tout nécessaire d'allouer dans ce but des indemnités suffisantes. Il ne faudrait pas toujours confier le service aux personnes qui veulent s'en charger au plus bas prix, mais à celles dont on peut attendre qu'elles s'en acquitteront d'une façon irréprochable.

Luxembourg, le 30 mai 1925.

Le Directeur général des finances et de l'instruction publique.

Et. SCHMIT.


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