Circulaire du 27 mai 1929 aux administrations communales, relative à l'organisation des écoles primaires pour l'année scolaire 1929-1930.

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Circulaire du 27 mai 1929, aux administrations communales, relative à l'organisation des écoles primaires pour l'année scolaire 1929-1930.

Conformément aux art. 20 et 61 de la loi scolaire et au règlement du 12 juin 1919, les administrations communales auront à délibérer, dans le courant du mois de juin, sur l'organisation des écoles primaires et cours postscolaires de leur ressort pour l'année 1929-1930.

Pour les écoles primaires et primaires supérieures, il avait été établi en 1924 une organisation scolaire pour une période de cinq ans. Cette période finit avec l'année scolaire courante. Il devra donc être élaboré pour l'année scolaire prochaine une nouvelle organisation, qui restera en vigueur pendant quatre ans, c'est-à-dire jusqu'à la fin de l'année scolaire 1932-1933. Il importe par suite d'apporter les plus grands soins à la rédaction de cette organisation.

Quant aux cours postscolaires, une nouvelle organisation est à établir pour la durée de l'année scolaire prochaine. Dans la plupart des communes, les cours postscolaires ont lieu aux mêmes jours de la semaine. Pour cette raison, il est souvent difficile aux inspecteurs de visiter tous les cours. Afin d'assurer une inspection régulière des cours postscolaires, les administrations communales voudront se conformer dans la mesure du possible aux propositions qui leur seront faites par les inspecteurs pour la fixation des jours consacrés à l'enseignement postscolaire.

Par dérogation aux circulaires antérieures, notamment à celle du 30 mai 1925 (Mémorial p. 307), le nombre moyen d'élèves requis pour le maintien d'écoles vacantes est réduit de 45 à 40. A l'avenir, aucune école vacante ne sera supprimée contrairement au vœu des autorités communales, du moment que la suppression de l'école aurait pour effet de faire monter la moyenne des élèves à plus de 40 unités. Cette réduction de la moyenne normale n'entraîne cependant pas pour les communes l'obligation de créer de nouvelles écoles, lorsque le nombre moyen des élèves est supérieur à 40.

Dans leurs décisions afférentes, les conseils communaux devront avoir en vue à la fois l'intérêt de l'enseignement et celui des finances communales.

Dans les grandes agglomérations, le nombre des élèves qui n'avancent pas régulièrement dans leurs études, augmente d'année en année, et la bonne marche de l'enseignement est parfois entravée par ce fait. Je recommande aux administrations communales intéressées de créer des classes spéciales pour les élèves étrangers de même que pour les enfants arriérés. Ces classes permettront surtout aux élèves étrangers de se familiariser avec les langues auxiliaires de notre instruction primaire, afin de pouvoir suivre dans la suite avec fruit l'enseignement des classes normales.

En vertu de l'art. 7 de la loi, les commissions scolaires peuvent accorder des dispenses de fréquentation scolaire pour une durée de cinq jours consécutifs au plus. Certaines commissions, surtout dans des communes rurales, abusent de ce droit par l'octroi de nouvelles dispenses, lorsque les absences de l'élève se prolongent au delà de cinq jours ou se répètent. Cette pratique est contraire au sens de l'art 7, parce qu'elle supprime l'intervention de l'inspecteur et du conseil communal, qui est pourtant expressément prévue par la loi pour des dispenses de plus de cinq jours. Afin de garantir l'exécution de la loi, j'engage les commissions scolaires à ne pas accorder de dispenses pour un total de plus de cinq jours à un même élève pendant la durée d'une année scolaire. Lorsque le maximum de cinq jours est atteint, elles transmettront toute demande en dispense ultérieure à l'inspecteur ou au conseil communal, suivant les règles tracées par l'art. 7. Le principe de l'obligation scolaire et le droit des enfants à l'instruction exigent que ces nouvelles dispenses ne soient octroyées qu'avec l'assentiment et sous la responsabilité de tous les organes désignés à cet effet par le législateur.

Conformément au règlement du 30 mars 1915, les vacances scolaires sont fixées annuellement par les conseils communaux sous l'approbation du Gouvernement. En ce qui concerne les vacances d'été, j'invite les autorités communales à les fixer, autant que les besoins locaux le permettront, à la même époque que dans l'enseignement moyen, c'est-à-dire entre le 15 juillet et le 15 septembre.

Cette époque se recommande pour des raisons pédagogiques et hygiéniques. En répondant à l'invitation, les administrations communales contribueront aussi à apporter plus d'uniformité à l'époque de nos vacances scolaires, conformément à un vœu souvent exprimé par les différents facteurs intéressés.

En présence de la dépréciation du numéraire, les crédits ouverts pour acquisition de matériel scolaire et alimentation des bibliothèques d'élèves sont généralement devenus insuffisants. Ces crédits sont à mettre en rapport avec les prix actuels.

La plupart des commissions scolaires se désintéressent trop du fonctionnement des bibliothèques scolaires, que la loi a placées sous leur tutelle. J'appelle l'attention des autorités communales sur le règlement organique de ces bibliothèques (arr. min. du 11 avril 1918, Mém. p. 421), notamment sur l'art. 5 de ce règlement, qui porte que le choix des livres doit se faire exclusivement sur les listes officielles publiées par la Commission d'instruction. Je renvoie également à l'instruction ministérielle de même date (Mém. p. 424), qui définit le rôle attribué aux commissions scolaires dans la gestion des bibliothèques.

Un grand nombre de maisons d'écoles n'ont pas de cour de récréation. Ces cours sont indispensables pour l'enseignement de la gymnastique et les jeux scolaires et pour soustraire les enfants aux dangers toujours croissants de la circulation.

J'engage les administrations communales intéressées à voter sans retard les crédits nécessaires pour l'aménagement des préaux scolaires qui manquent. Dans certaines localités les cours de récréation ne peuvent remplir qu'imparfaitement leur but, parce qu'on s'en sert comme terrain de dépôt pour toutes sortes d'objets et de matériaux. Les autorités locales intéressées prendront des mesures pour rendre ces cours à leur destination.

Le service de nettoyage des bâtiments d'écoles ne laisse pas d'être défectueux dans d'assez nombreuses localités, qui sont mentionnées au Courrier des Ecoles de 1929, p. 3. D'après les prescriptions, les cabinets sont à laver tous les jours, les salles de classe tous les huit jours, le mobilier et les fenêtres tous les mois. Pour pouvoir exiger l'exécution de ce service, il importe d'allouer des indemnités suffisantes aux personnes qui en sont chargées. Le matériel devrait être fourni par la commune. Le Gouvernement réduira les subsides de l'Etat à l'égard des communes où, malgré les avertissements, l'entretien de la propreté des maisons d'écoles donnera lieu à des réclamations fondées.

Luxembourg, le 27 mai 1929.

Le Ministre d'Etat,

Président du Gouvernement,

Jos. Bech.


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