Circulaire du 8 juin 1939 aux administrations communales relative à l'organisation des écoles pour l'année scolaire 1939-1940.

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Circulaire du 8 juin 1939 aux administrations communales relative à l'organisation des écoles pour l'année scolaire 1939-1940.

Travail organique. - Conformément aux art. 20 et 61 de la loi scolaire et au règlement du 12 juin 1919, les administrations communales auront à délibérer, dans le courant du mois de juin, sur l'organisation des écoles primaires, des écoles primaires supérieures et des cours postscolaires de leur ressort pour l'année scolaire 1939-1940.

Pour les écoles primaires, une organisation-type a été arrêtée en 1937. Elle restera en vigueur jusqu'à la clôture de l'année scolaire 1940-1941. Les administrations communales n'en sont pas moins tenues à se prononcer, dans une délibération spéciale, sur la question de savoir si cette organisation est à maintenir telle quelle ou s'il y a lieu de la modifier en quelque point. Un changement du temps de classe, par.exemple, s'impose au cas où, dans les localités rurales, un cours postscolaire diurne est supprimé parce que le nombre des élèves est insuffisant ou qu'un cours diurne doit être nouvellement introduit. Il est inadmissible que telle section continue à faire chômer les classes pendant deux après-midi, par semaine, alors qu'il n'y a.plus de cours postscolaires ou que ces cours ont lieu dans la soirée. Les délibérations additionnelles, qui seront soumises en trois exemplaires à l'autorité supérieure, doivent être accompagnées des pièces énumérées dans la circulaire organique du 12 mai 1938 (Mémorial, p. 482, al. 3).

Par suite de l'introduction d'un nouveau plan d'études général dans les écoles primaires supérieures du Grand-Duché il devra être procédé à l'élaboration.d'une nouvelle organisation type, qui restera elle aussi en vigueur jusqu'à la fin de l'année scolaire 1940-1944. Cette organisation sera établie d'après les indications du formulaire spécial qui sera mis à la disposition des communes sièges d'une école primaire supérieure. Les délibérations additionnelles prévues par la circulaire ministérielle du 1.0 février 1939 (Mémorial, p. 167 et 168) doivent être prises dès Ja rentrée des classes, aussitôt que les propositions du titulaire et l'avis de l'inspecteur sont parvenues à l'administration communale. Un crédit spécial est à inscrire pour les cours complémentaires et régionaux. Le travail organique et les délibérations spéciales relatives aux écoles primaires supérieures sont à présenter en triple exemplaire.

Certaines administrations communales ne délibèrent sur les cours posiscolaires qu'à l'époque de l'ouverture de ces cours. Ce procédé est contraire aux dispositions formelles du règlement du 12 juin 1919 et comporte de graves inconvénients pour la bonne marche de l'enseignement. Si l'effectif d'au moins trois élèves n'est pas atteint, le cours est supprimé et les élèves de première année sont astreints à fréquenter en compensation la 8me année d'études depuis la première journée de classe jusqu'aux vacances de Pâques. Si, par suite du retard apporté à l'élaboration du travail organique des cours postscolaires, ces enfants n'entrent à l'école que vers la Toussaint, il leur sera impossible de rattraper les deux mois de classe perdus et de progresser avec leurs condisciples.

Dispenses de fréquentation scolaire. - En présence des nombreuses dispenses de fréquentation postscolaire qui sont sollicitées chaque année, notamment en faveur d'enfants qui changent de résidence, je me vois obligé de rappeler aux administrations communales que la loi scolaire ne prévoit pas de dispense totale pour la fréquentation postscolaire et que les délibérations qui en proposent l'octroi, ne sauraient être approuvées. Les enfants du plat pays qui sortent de l'école primaire après sept années d'études consécutives et qui veulent se fixer ou entrer en condition dans une localité où la huitième année d'études est obligatoire, doivent rentrer à l'école primaire de leur nouvelle résidence; ceux qui auront déjà fait un semestre supplémentaire en compensation de la première année d'enseignement postscolaire sont tenus de faire la deuxième année aux cours postscolaires de leur nouvelle résidence; enfin, dans les villes qui ont prolongé l'obligation postscolaire jusqu'à l'âge de 16 ans, les enfants du plat pays sont astreints aux mêmes obligations que les enfants des villes en question, à moins qu'ils ne justifient par un certificat qu'ils ont fréquenté effectivement, pendant deux années, les cours postscolaires de leur localité d'origine. Pour assurer l'exécution de ces prescriptions, il importe que l'inspecteur soit informé en temps utile de tout changement de résidence d'un infant de l'âge postscolaire.

Je tiens à rappeler à ce propos aux Commissions scolaires la portée de l'art. 7 de la loi, concernant les dispenses de fréquentation scolaire qu'elles sont appelées à accorder. Les limites fixées par la circulaire du 27 mai 1929 (Mémorial, p. 426) ne devront pas être dépassées et les commissions scolaires voudront s'abstenir d'accorder à un même élève des dispenses pour un total de plus de cinq jours pendant la durée d'une année scolaire. Toute demande en dispense ultérieure est à transmettre à l'inspecteur ou au conseil communal, suivant les régies tracées par l'art. 7 de la loi scolaire.

Nominations du personnel enseignant. - A la rentrée de 1938, la nomination tardive des nouveaux titulaires d'écoles vacantes a provoqué des irrégularités. Je prie instamment les administrations communales, surtout celles des villes et des centres du bassin minier, de compléter leur personnel enseignant autant que possible dès le début des vacances d'automne, et même pendant les dernières semaines de l'année scolaire, afin que le mouvement du personnel puisse être achevé pour la fin du mois d'août. Aucun membre du personnel enseignant ne pourra plus quitter son poste après la rentrée des classes.

Congés pour convenances personnelles. - Conformément à l'art. 6 de l'arrêté g.-d. du 10 avril 1937, l'octroi d'un congé pour convenances personnelles est subordonné à une autorisation écrite de la part du bourgmestre. L'instituteur doit immédiatement en informer l'inspecteur. Pour une absence de plus de deux jours, l'autorisation préalable de l'inspecteur est requise en dehors de celle du bourgmestre. Il est arrivé que des instituteurs ont sollicité, en dehors des vacances et congés réglementaires, un congé pour assister à des manifestations de sociétés: fêtes, excursions, concours, congrès etc. Dans l'intérêt du bon fonctionnement des classes, les congés demandés à ces fins sont à refuser, à moins qu'il ne s'agisse d'un cas exceptionnel, touchant des questions importantes d'enseignement.

Occupation des garçons pendant le cours de couture aux écoles mixtes. - Dans les écoles mixtes dirigées par des instituteurs, les garçons doivent faire pendant la leçon de couture, sous la direction du maître, une excursion, équivalant à une classe en plein air, du moment que le temps le permet. Les matières traitées pendant ces excursions doivent être renseignées au journal à la page réservée à cet usage. L'inspecteur doit être informé de toute excursion qui n'a pas lie». Les autorités scolaires locales voudront tenir la main à ce que ces leçons en plein air se fassent régulièrement; le titulaire qui s'en dispense sans motif valable s'expose à des peines disciplinaires. Dans les écoles mixtes dirigées par des institutrices, les garçons doivent être occupés utilement pendant le cours de couture donné aux filles; en aucun cas ils ne pourront être licenciés pendant ces leçons.

Oeuvres périscolaires. - Dans certaines villes, tes œuvres périscolaires (bains, douches, Cliniques dentaires, visites des médecins scolaires ou des infirmières) empiètent toujours davantage sur le temps de classe. Les autorités scolaires signalent des cas où des élèves sont convoqués et attendent durant des heures l'arrivée du médecin. Cette pratique est contraire à l'art. 5 de l'arrêté ministériel du 21 janvier 1919, concernant l'inspection médicale des écoles, et au surplus elle est préjudiciable à la bonne marche des études. J'invite les administrations communales intéressées à faire procéder à l'examen médical à la sortie de la classe du matin ou de l'après-midi. Il en est de même des douches scolaires qui sont surveillées par le personnel enseignant. Ces douches doivent être prises à l'issue de la classe, d'autant plus que beaucoup d'enfants n'y participent pas et que, d'autre part, le personnel enseignant chargé de la surveillance touche de ce chef des indemnités spéciales.

Cinéma scolaire. - A la suite des recommandations de la circulaire du 12 mai 1938, un certain nombre le communes ont introduit le cinéma scolaire dans leurs écoles. Je rappelle aux administrations communales que le Gouvernement est disposé à subsidier l'acquisition d'appareils cinématographiques pour les écoles rurales dans les limites des crédits budgétaires, afin de généraliser l'emploi du film instructif et éducatif dans notre enseignement primaire et postscolaire. Les demandes de subsides devront indiquer le type exact et le prix de l'appareil à acquérir.

Collaboration des élèves à la vente de fleurs, de timbres et de billets de loterie. - Cette collaboration a donné lieu à des critiques qui n'étaient pas toujours dénuées de fondement. Tout le mande peut facilement se procurer les timbres caritas sait au bureau des postes, soit auprès des facteurs. Quant aux billets de loterie et aux insignes vendus à l'occasion de fêtes de bienfaisance, les œuvres en question voudront recourir à l'avenir aux services des associations de jeunesse plutôt qu'à ceux des enfants de l'âge scolaire. Les instituteurs et institutrices ne manqueront cependant pas d'exposer à leurs jeunes élèves le but éminemment philanthropique des œuvres d'assistance sociale et d'hygiène du pays et d'engager les élèves et, par leur intermédiaire, leurs familles à s'associer, en ces jours de charité publique, au mouvement général de générosité pour mieux venir en aide aux malheureux et aux déshérités.

Luxembourg, le 8 juin 1939.

Le Ministre de l'Instruction Publique,

Nic. Margue.


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