Instruction ministérielle du 11 avril 1918 concernant l'exécution du règlement des bibliothèques scolaires, pris en exécution de l'art. 99 de la loi du 10 août 1912, sur l'organisation de l'enseignement primaire.

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Instruction ministérielle du 11 avril 1918, concernant l'éxécution du règlement des bibliothèques scolaires, pris en exécution de l'art. 99 de la loi du 10 août 1912, sur l'organisation de l'enseignement primaire.

Les bibliothèques scolaires prévues par l'art. 99 de la loi du 10 août 1912, sur l'organisation de l'enseignement primaire, ont pour objet:

de compléter, à l'aide de la lecture privée, l'enseignement donné en classe;
de détourner les enfants d'une lecture frivole, insignifiante, immorale, en leur offrant des livres sérieux, intéressants, récréatifs en même temps qu'instructifs.

La bonne lecture répond à un besoin réel, les progrès de la mauvaise littérature deviennent de plus en plus inquiétants, immorale ou simplement quelconque, sans valeur littéraire ou intellectuelle aucune, il importe de la combattre par tous les moyens.

L'un des plus efficaces, c'est de créer des bibliothèques scolaires où les élèves trouveront des livres également recommandables par le fond et par la forme, et choisis par les autorités scolaires suivant l'âge et le degré d'intelligence des élèves.

Ces bibliothèques ne sont pas destinées à devenir des bibliothèques populaires; elles sont réservées aux enfants des écoles.

Aux termes de l'art. 76 de la loi du 10 août 1912, les bibliothèques scolaires comptent parmi les «œuvres complémentaires et auxiliaires de l'école», qui rentrent dans les attributions des commissions scolaires.

C'est à elles, en effet, de faire aux administrations communales des propositions concernant l'installation des bibliothèques scolaires, le mode de fonctionnement, les jours et heures de prêt. Elles contrôleront l'administration des bibliothèques scolaires suivant les prescriptions du règlement ci-joint.

Chaque année, lors de l'élaboration du travail organique, les conseils communaux auront à voter les crédits nécessaires à l'alimentation de la bibliothèque. D'autre part, il conviendra d'allouer au bibliothécaire une indemnité annuelle en rapport avec les obligations de sa charge.

L'art. 99 de la loi du 10 août 1912 prévoit au moins une bibliothèque par commune. Dans les communes à plusieurs actions ou à plusieurs bâtiments scolaires, une seule bibliothèque ne suffira pas: pratiquement, il sera difficile, sinon impossible, de desservir les différentes sections ou les différents bâtiments scolaires au moyen d'une bibliothèque centrale unique. Il se recommandera donc d'en créer une par section, respectivement par bâtiment scolaire.

Il conviendra d'acquérir plusieurs exemplaires des ouvrages les plus utiles, afin de permettre à l'instituteur de faire lire un ouvrage à plusieurs élèves en même temps.

Le personnel enseignant adressera à la commission scolaire ses propositions pour le choix des livres, ainsi que pour l'acquisition de plusieurs exemplaires d'un même ouvrage.

Les membres du personnel enseignant profiteront de toutes les occasions pour stimuler le goût de la bonne lecture. Ils contrôleront la lecture des enfants en toutes occasions. Ainsi la lecture deviendra le complément naturel de l'enseignement.

La lecture des livres de la bibliothèque scolaire ne doit pas devenir pour les enfants une corvée, mais bien le plus agréable délassement. Les membres du personnel enseignant leur inculqueront le respect et l'amour du livre et leur feront comprendre, qu'en salissant ou en détériorant les livres de la bibliothèque, c'est leur propre bien et celui des contribuables qu'ils détruisent. Dans cet ordre d'idées, ou se sert souvent d'un avertissement imprimé, bref et facile à comprendre, qu'on colle en regard de la première page.

Les instituteurs pourront rendre les parents attentifs au prix modique des livres inscrits au catalogue officiel des bibliothèques scolaires et, le cas échéant, leur en recommander l'acquisition.

En cas de maladie épidémique, les autorités veilleront à ce que les livres de la bibliothèque scolaire ne puissent communiquer la contagion. Enfin elles auront à remplacer, en temps utile, les livres trop usés.

Luxembourg, le 11 avril 1918.

Le Directeur général de la justice et l'instruction publique,

L. MOUTRIER.


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