Ordonnance royale grand-ducale du 20 novembre 1857 portant modification des lois relatives à l'instruction publique.

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Ordonnance royale grand-ducale du 20 novembre 1857, portant modification des lois relatives à l'instruction publique.

Nous GUILLAUME III, par la grâce de Dieu, Roi des Pays-Bas, Prince d'Orange-Nassau, Grand-Duc de Luxembourg, etc, etc., etc.

Vu l'art. 4 de Notre ordonnance du 27 novembre dernier, portant révision de la Constitution;

Vu la loi du 23 juillet 1848 sur l'enseignement supérieur et moyen, et celle du 26 juillet 1848 sur l'instruction primaire;

Sur le rapport du Conseil de nos Administrateursgénéraux;

Avons ordonné et ordonnons:

Art. 1er.

Outre les cours mentionnés aux articles 1 et 5 de la loi du 28 juillet 1848, il sera donné a l'Athénée de Luxembourg un cours supérieur pour préparer les jeunes gens à recevoir le grade de candidat en sciences naturelles.

Art. 2.

Par modification de l'art. 8 de la même loi du 23 juillet 1848, les directeurs des établissements publics peuvent être dispensés de l'obligation de donner des cours.

Art. 3.

L'art. 20 de la loi du 23 juillet 1848 est remplacé par la disposition qui suit:

«     

Les grades en droit, en médecine, en philosophie et lettres, en sciences physiques et mathématiques et en sciences naturelles sont conférés par des jurys d'examen dans le pays.

Les grades académiques obtenus à l'étranger ne donnent aucun droit dans le Grand-Duché. Nous

Nous réservons toutefois d'accorder, dans des cas spéciaux à des étrangers de mérite, les prérogatives attachées au grade de docteur.

     »

Art. 4.

La candidature en sciences mathématiques et physiques, mentionnée à l'art. 25 de la loi du 23 juillet 1848 est remplacée par la candidature en sciences naturelles.

Art. 5.

Les dispositions des art. 31 et 32 de la loi du 23 juillet 1848 sont remplacées par celles qui suivent:

a) Les grades pour la philosophie et les lettres, pour les sciences physiques et mathématiques et pour les sciences naturelles sont: la candidature et Ie doctorat.
b)

L'examen pour la candidature en philosophie et lettres diffère, suivant que ce grade est demandé comme préparatoire à l'étude du droit ou comme préparatoire au doctorat en philosophie et lettres.

Dans le premier cas, il comprend des exercices philologique et littéraires sur la langue latine, la littérature française et allemande, les antiquités romaines, la logique, la philosophie morale et l'histoire politique.

Dans le second cas, il comprend en sus de ces matières traitées d'une manière plus approfondie, des exercices philologiques et littéraires sur la langue grecque, les antiquités grecques, la psychologie, l'histoire élémentaire de la philosophie et de la littérature latine, l'algèbre, la géométrie, la trigonométrie, la physique et la chimie élémentaires.

Nul n'est admis à l'examen de candidat en philosophie et lettres préparatoire au doctorat en philosophie et lettres que deux ans après l'examen de maturité.

c)

L'examen de docteur en philosophie et lettres comprend trois rédactions sur des sujets donnés, une en allemand, une en français et une en latin; l'explication de passages difficiles d'auteurs grecs et latins, la haute grammaire et l'éloquence latines; l'histoire approfondie de la philosophie ancienne et moderne, la métaphysique générale et spéciale, l'histoire de la littérature grecque, l'histoire générale et politique.

Le récipiendaire subira en outre un examen plus approfondi sur l'une ou l'autre de ces matières qu'il pourra lui-même indiquer.

Le diplôme mentionne la matière de l'examen approfondi.

d) L'examen pour Ja candidature en sciences physiques et mathématiques porte sur la haute algèbre, la géométrie analytique complète, la géométrie descriptive, le calcul différentiel et intégral, la physique expérimentale, la géographie physique, l'astronomie élémentaire, les éléments de chimie inorganique et de minéralogie.
e) L'examen de docteur en sciences physiques et mathématiques comprend:
Un examen approfondi sur l'analyse et la mécanique analytique;

Un examen approfondi sur l'une des matières suivantes, au choix du récipiendaire:

La physique mathématique;
La mécanique céleste;
Le calcul des probabilités.

Les récipiendaires subissent un examen ordinairesur les matières du N° 2 qui ne font point partie de l'examen approfondi.

Le diplôme mentionne l'objet de l'examen approfondi.

f) L'examen pour la candidature en sciences naturelles porte sur les éléments de chimie inorganique et organique, la physique expérimentale les éléments de botanique, la physiologie des plantes, les éléments de zoologie, de minéralogie et de géographie physique.
g) L'examen de docteur en sciences naturelles comprend, au choix du récipiendaire:
α) Un examen approfondi sur la chimie organique et inorganique et l'analyse chimique, et un examen ordinaire sur l'anatomie et la physiologie végétales, la minéralogie et la géologie;
ß) Un examen approfondi sur la physique mathématique et la physique expérimentale et un examen ordinaire sur les branches indiquées sub a;
y)

Un examen approfondi sur deux des catégories suivantes:

L'anatomie et la physiologie comparées;
L'anatomie et la physiologie végétales, la géographie des plantes et les familles naturelles;
La minéralogie et la géologie, et un examen ordinaire sur la chimie organique et inorganique et sur celle des trois catégories qui n'a pas fait l'objet de l'examen approfondi.

Le diplôme mentionne les matières qui ont fait l'objet de l'examen approfondi;

h) Nul n'est admis à l'examen de candidat en sciences physiques et mathématiques ou en sciences naturelles, s'il n'a subi devant le jury de philosophie une épreuve préparatoire sur les langues grecque et latine et sur la logique, sur l'anthropologie et la philosophie morale.

Art. 6.

L'art. 34 de la loi du 23 juillet 1848 est remplacé par la disposition qui suit:

«     

Il y a des jurys distincts pour le droit, pour la médecine, pour la philosophie et les lettres, pour les sciences physiques et mathématiques, et pour les sciences naturelles.

     »

Art. 7.

La disposition suivante est ajoutée à l'art. 44 de la loi du 23 juillet 1848:

«     

A partir du 1er janvier 1859, nul n'est admis à l'examen de docteur, s'il n'a suivi les cours d'une université au moins pendant quatre semestres, dont deux au moins après l'examen de candidature.

     »

Art. 8.

Le Roi Grand-Duc fixe le siège de l'école normale et le nombre des professeurs à attacher à cet établissement.

Art. 9.

Il est réservé au Roi Grand-Duc d'appeler au professorat des étrangers d«un talent éminent, lorsque l'intérêt de l'instruction publique le réclame.

Mandons et ordonnons que la présente ordonnance soit insérée au Mémorial pour être exécutée et observée par tous ceux que la chose concerne.

Walferdange, le 20 novembre 1857.

Pour le Roi Grand-Duc:

Son Lieutenant-Représentant dans le Grand-Duché,

HENRI,

PRINCE DES PAYS-BAS.

Par le Prince:

Le Secrétaire,

G. D'OLIMART.

Le Conseil des Adm.- généraux,

SIMONS.

WURTH-PAQUET.

SERVAIS,

EYSCHEN.

DE SCHERFF.

AUGUSTIN.


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