Arrêté ministériel du 31 mars 1907 portant règlement de l'examen d'admission en VIIe gymnasiale et en VIe industrielle.

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Arrêté ministériel du 31 mars 1907, portant règlement de l'examen d'admission en VIIe gymnasiale et en VIe industrielle.

LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES FINANCES,

Vu les art. 13 et 14 du règlement général du 7 juin 1861 pour les établissements d'enseignement supérieur et moyen;

Arrête:

Art. 1er.

L'admission en VIIe gymnasiale et en VIe industrielle est subordonnée à un examen à subir dans la seconde moitié du mois de juillet devant une commission composée du directeur ainsi que des professeurs enseignant, dans les classes respectives, les branches qui font l'objet de l'examen.

Si le titulaire de l'une ou de l'autre de ces branches n'a pas encore subi l'examen pratique, il sera remplacé par le professeur ou le répétiteur enseignant cette branche dans la classe suivante.

Les commissions sont présidées par un commissaire du Gouvernement qui est le même, soit pour les cinq établissements, soit pour les gymnases, d'une part, et les écoles industrielles et commerciales, d'autre part.

En l'absence du commissaire, c'est le directeur qui préside.

Art. 2.

Chaque année, le Gouvernement fixe la date à laquelle les demandes d'admission doivent être parvenues au directeur de l'établissement dans lequel l'aspirant désire entrer.

Ces demandes doivent être accompagnées d'un certificat de capacité et de bonne conduite par lequel l'instituteur constate que le récipiendaire a suivi avec succès l'enseignement des matières qui font l'objet du programme de l'examen d'admission; le certificat renseignera également les notes obtenues pendant la dernière année scolaire, en allemand, en français et en calcul.

Art. 3.

L'examen d'admission a lieu par écrit et porte sur la doctrine chrétienne, la langue allemande, la langue française et le calcul.

Des programmes détaillés sont annexés au présent arrêté.

Pour la doctrine chrétienne, l'examen portera sur la bible et le catéchisme; en allemand et en français, il comprendra une dictée sur les particularités orthographiques de ces deux langues, des exercices de grammaire et la reproduction d'un morceau allemand, respectivement une traduction de l'allemand en français; en arithmetique, il aura pour objet des exercices de calcul sur les nombres entiers, les fractions ordinaires et les fractions décimales, des applications sur le système métrique et des problèmes faciles sur la règle de trois simple et la règle d'intérêt.

Le texte de la dictée française sera d'abord lu lentement et distinctement dans son ensemble; à la seconde lecture seulement, les récipiendaires écriront sous la dictée de l'examinateur.

Les exercices de grammaire s'étendront à toutes les parties importantes du programme et non sur l'une ou l'autre seulement. On ne demandera pas d'analyse grammaticale, pas de notions théoriques de nomenclature.

La reproduction allemande, par rapport au fond, doit être à la portée des élèves. Elle ne contiendra pas d'expressions rares, pas de tournures de phrases compliquées ou extraordinaires.

Les phrases allemandes à traduire en français ne doivent pas s'enchevêtrer; les idiotismes sont à éviter; le vocabulaire doit être emprunté au milieu dans lequel les élèves ont été formés.

Les questions d'arithmétique seront dictées en langue allemande et choisies de telle façon que les examinateurs puissent constater que les élèves ont suffisamment acquis l'usage du calcul, et qu'ils savent aborder avec succès la solution de problèmes à la portée de leur intelligence.

Il ne sera pas donné d'explication, de commentaire, à l'occasion de la lecture des questions et des textes.

Il sera consacré une heure à l'examen sur la doctrine chrétienne, deux heures à l'examen sur la langue allemande, deux heures à l'examen sur la langue française et une heure et demie à l'examen sur le calcul.

Art. 4.

Les épreuves écrites auront lieu à chacun des établissements le même jour et aux mêmes heures dans chaque branche.

Art. 5.

Chaque examinateur transmet au commissaire du Gouvernement, dans un délai à fixer par celui-ci, les sujets ou questions qu'il propose.

La discrétion la plus absolue doit être observée.

Le commissaire choisit parmi ces questions; il lui est toutefois loisible, s'il le juge convenir, de faire dans l'une ou l'autre branche son choix en dehors de celles-ci.

Les mêmes questions sont posées dans les cinq établissements ou bien dans les gymnases d'une part, dans les établissements d'enseignement industriel et commercial, d'autre part; elles sont transmises aux commissions respectives, pour chaque branche séparément, sous pli cacheté; le pli ne sera ouvert qu'en présence des élèves et au moment même de la lecture des questions.

Art. 6.

Durant l'épreuve, les récipiendaires sont constamment surveillés par deux membres de la commission.

Ils sont prévenus, à l'ouverture des opérations, que toute fraude entraîne la nullité de l'examen.

Art. 7.

Dans l'appréciation des copies, une grosse faute compte pour trois, une faute d'orthographe pour deux et une faute d'inattention pour un point.

Les fautes sont soulignées au crayon rouge ou bleu, et le nombre des points à déduire pour ces fautes est noté en marge.

Sur les copies de doctrine chrétienne et d'arithmétique, les fautes de grammaire et d'orthographe seront soulignées pour être portées éventuellement en compte, notamment si les élèves sont douteux par rapport à leurs connaissances en langue allemande.

Art. 8.

L'écriture des élèves doit être suffisamment formée, régulière et lisible.

Par rapport à la forme extérieure, les copies doivent répondre aux conditions d'ordre et de propreté.

Art. 9.

Les épreuves corrigées de chaque établissement sont transmises au commissaire du Gouvernement avec une liste renseignant les noms et prénoms des récipiendaires, le domicile des parents, l'école d'où sortent les élèves, les notes qu'ils y ont obtenues la dernière année scolaire pour l'allemand, le français et le calcul, ainsi que les points obtenus à l'examen d'admission dans les quatre branches.

Art. 10.

La commission se réunit sur la convocation du commissaire pour statuer, sous sa présidence, sur l'admission, le rejet ou l'ajournement des élèves.

Ne sont pas admissibles les récipiendaires qui auront obtenu un chiffre insuffisant dans deux des branches suivantes: allemand, français, calcul; ou bien un chiffre franchement insuffisant (5 ou 6) dans une de ces branches et un chiffre avoisinant le chiffre 4 dans les deux autres; ou bien un chiffre insuffisant dans deux branches et un chiffre voisin du chiffre 4 dans les autres branches.

Le résultat de l'examen d'admission sera communiqué aux parents ou aux tuteurs des récipiendaires par les soins du directeur.

Art. 11.

L'examen des élèves qui se présenteront dans les conditions prévues par le § 3 de l'art. 14 du règlement général du 7 juin 1861, aura lieu à la rentrée, à une époque à fixer par le Gouvernement, et conformément à la procédure prescrite par le présent arrêté.

Art. 12.

Les copies des examens sont conservées pendant trois ans dans les archives de l'établissement.

Art. 13.

Si, à la fin du premier trimestre, un élève obtient dans plusieurs branches des chiffres tellement insuffisants qu'il est à prévoir qu'il ne saurait se mettre pendant l'année au courant de la classe, les parents seront invités à le retirer.

Art. 14.

Ampliation du présent arrêté sera adressée aux directeurs des établissements d'enseignement moyen.

Luxembourg, le 31 mars 1907.

Le Directeur général des finances.

M. MONGENAST.


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