Circulaire du 29 juillet 1924 concernant le but et l'exécution de l'arrêté qui précède.

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Circulaire du 29 juillet 1924, concernant le but et l'exécution de l'arrêté qui précède.

Les modifications apportées au plan d'études primaires par l'arrêté qui précède visent à la simplification de la matière et des méthodes, conformément au voeu unanime des autorités et des parents, qui a trouvé son écho à la Chambre des députés.

Dans toutes les écoles, le plan d'études sera simplifié en ce sens que les enfants des premières années d'études n'apprendront plus qu'un seul alphabet, comme dans les autres pays. Ce ne peut être que l'alphabet latin, parce qu'il doit servir aux deux cours de langues. L'adaptation nécessaire des premiers manuels de lecture ne permet l'introduction de cette simplification qu'à partir de l'année 1925-1926. Quant à l'alphabet gothique, les lettres imprimées seront enseignées dès la 3e année d'études, dans l'intérêt du cours de religion et de la lecture à domicile; les caractères écrits ne seront enseignés qu'à partir de la 5e année d'études pour que les enfants manient couramment l'écriture latine avant d'aborder l'étude d'une seconde écriture. Ces dernières dispositions ne seront évidemment appliquons qu'à partir de la date où la 3e et la 5e année d'études seront suivies par des élèves qui n'auront pas eu l'occasion d'apprendre l'alphabet gothique pendant les premières années d'études. Quant aux autres élèves, le maître aura soin de les entretenir, comme par le passé, dans l'usage des deux alphabets, pendant les années de transition.

La seconde simplification apportée au plan d'études ne concerne que les écoles rurales. Dans ces écoles, qui réunissent généralement des élèves de toutes les années d'études, le besoin d'une simplification et d'une plus étroit concentration de l'enseignement s'est fait sentir impérieusement. Le grand nombre des branches prévues par la loi implique, dans les écoles à 7 ou 5 classes, le danger du surmenage des élèves, sans grand profit pour leur formation intellectuelle, vu l'impossibilité d'approfondir l'enseignement encyclopédique qu'on présente à leurs jeunes cerveaux. Cette considération avait déjà déterminé le Gouvernement, lors de la révision du plan d'études en 1922, à rattacher au cours d'allemand, dans les écoles villageoises, certaines branches accessoires s'adressant principalement à la mémoire des élèves: la physique et l'économie domestique.

Il a paru nécessaire d'aller plus loin dans cette voie et de renoncer également à l'avenir, dans les écoles susdites, à renseignement séparé des sciences naturelles et de l'histoire. Ces cours ne disparaîtront pas du programme. Au contraire, ils devront pénétrer l'enseignement tout entier, tout comme l'ancien cours de "Heimatkunde", que le plan d'études de 1922 n'a supprimé que comme cours spécial, parce qu'il fait partie intime et intégrante des cours de sciences, d'histoire et de géographie aussi bien que des cours d'allemand et de français.

Dans les écoles rurales, le maître s'appliquera donc, à toutes les occasions et dans tous les cours qui s'y prêtent, notamment dans le cours d'allemand, à faire connaître et aimer à l'enfant la terre où il est né, ses particularités et ses beautés naturelles, sa vie économique et son histoire, les curieuses et vénérables traditions locales autant que les faits marquants de l'histoire de la petite patrie.

Ainsi conçu et élargi, le cours d'allemand sera plus qu'un cours de langue. Ce sera le cours central et éducatif par excellence. Les manuels de lecture en devront tenir compte Par delà toutes considérations et prétentions littéraires, ils devront poursuivre avant tout un but moral et pratique, en s'orientant franchement vers les besoins de l'enfance de notre pays avec ses différentes régions naturelles et économiques. Ainsi, ces manuels aideront également le maître rural à accomplir une des tâches que lui dictent les nécessités de l'heure: celle d'inspirer à l'enfant des campagnes l'amour du sol natal et de la glèbe nourricière, de contribuer pour sa part à endiguer l'exode vers les centres urbains et, comme dit l'exposé d'un projet de loi déposé à la Chambre des députés française, "de maintenir entre les générations qui se sont succédé à l'ombre du clocher des liens qui tendent à se relâcher et à se rompre."

Luxembourg, le 29 juillet 1924.

Le Directeur général de la justice, de l'intérieur et de l'instruction publique,

Jos. BECH.


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