Circulaire du 12 juillet 1929 concernant le but et l'exécution de l'arrêté qui précède.

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Circulaire du 12 juillet 1929, concernant le but et l'exécution de l'arrêté qui précède.

Les modifications apportées au plan d'études primaires par l'arrêté du 12 juillet 1929 sont exclusivement des simplifications.

Le plan d'études est allégé pour toutes les écoles en français, en arithmétique et en géographie.

En français, les leçons de langage sur un nombre obligatoire de sujets déterminés ont été rayées du programme. En effet, il est plus simple et plus naturel de rattacher aux leçons de lecture les exercices nécessaires de langage. L'unité et la concentration du cours seront mieux assurés, et la tâche du maître sera simplifiée autant que le travail des élèves. - Quant au programme de grammaire française, il a été allégé pour la plupart des années d'études, notamment pour la cinquième, qui, par le passé, avait à évacuer une matière particulièrement étendue.- Le cours préparatoire de français prescrit pour le second semestre de la deuxième année d'études a été maintenu. Les critiques qui ont inspiré la proposition souvent formulée de supprimer le cours préparatoire, partent généralement d'une conception inexacte de ce cours et n'atteignent guère celui-ci en lui-même. Le cours préparatoire a pour but d'initier les élèves de la façon la plus attrayante, la plus directe et la plus pratique possible à l'étude du français, par des exercices élémentaires d'élocution et de langage. Pour le fond, aucune matière spéciale n'est imposée au maître afin d'obvier à tout surmenage possible. Le nouveau programme insiste sur ce point en renonçant à l'énumération des sujets à traiter et en se bornant à l'indication que les exercices porteront sur la vie journalière de l'enfant, à l'école et en famille, comme cela est naturel. Quant aux exercices tout à fait élémentaires de lecture et d'orthographe, ils n'entrent en ligne de compte qu'à titre secondaire, en tant qu'ils peuvent appuyer les exercices de langage et en fixer les résultats. Par le cours préparatoire ainsi conçu, l'enfant sera mis à même, dès le début, de s'exprimer tant soit peu en français sur quelques objets qui l'intéressent immédiatement. Il prendra instinctivement conscience de l'utilité de ses nouvelles études; il ne sera pas peu fier de faire étalage de son savoir au sein de sa famille, et sa jeune ardeur ne sera pas étouffée, dès les premières leçons, par les détails et les méthodes sévères d'un cours systématique.

En arithmétique, le programme des matières a été allégé pour les 6 e et 7 e années d'études, et notamment pour la 6 e année, où l'étude de la théorie complète des fractions a été remplacée par celle de certaines notions élémentaires et indispensables pour la vie pratique. Il s'ensuit - et le nouveau programme le relève - que les exercices s,ur les fractions, qui absorbaient par le passé une forte partie du temps réservé au cours, seront à limiter au strict nécessaire.

En géographie, le programme a été simplifié pour toutes les années d'études où se donne ce cours, mais surtout pour le cycle supérieur (6 e et 7 e années). Les questions touchant à la cosmographie ont été éliminées comme dépassant le cadre de l'enseignement primaire.

Les matières rayées du programme de français et d'arithmétique pour les années d'études inférieures à la 7e ne seront plus exigées pour l'examen d'admission aux établissements d'enseignement moyen à partir de la session de 1930.

Comme les changements arrêtés se réduisent à des simplifications, excepté, pouf le français, certaines légères transpositions de la 4e à la 5e années d'études (passé simple) et des 4e, 5e et 6e années d'études à la 7e (pluriel de ciel, noms composés, noms employés seulement au pluriel; orthographe de vingt, cent, mille; degrés de comparaison de petit et mauvais), le nouveau programme n'empêchera pas que les élèves continuent à se servir des éditions existantes des manuels.

Une seconde série de simplifications apportées au plan d'études par le nouvel arrêté concerne spécialement les écoles rurales et en général celles comprenant un assez grand nombre d'années d'études. Il est inutile d'insister sur les graves raisons qui exigent que dans ces écoles aux classes multiples l'enseignement soit concentré autant que possible sur les branches centrales. A cet effet, différentes branches avaient déjà été englobées dans le cours d'allemand par mon arrêté du 29 juillet 1924.

A partir de l'année scolaire prochaine, cette question est réglée comme suit:

En sciences naturelles (Naturgeschichte), un cours systématique n'est pas donné dans les écoles comprenant, soit toutes les sept années d'études, soit les cinq ou les quatre années d'études supérieures.
Le cours systématique de physique (Naturlehre) est réservé aux écoles de garçons comprenant exclusivement des élèves de 7e année d'études.
Le cours systématique d'économie domestique est réservé aux écoles de filles comprenant exclusivement des élèves de 7e année d'études.
Un cours systématique d'histoire n'est pas donné dans les écoles qui comprennent soit toutes les sept années d'études, soit les cinq ou les quatre années d'études supérieures.

Dans toutes les écoles où les blanches ci-avant énumérées ne sont pas enseignées systématiquement, sur la base du programme fixé par le plan d'études de 1922, les leçons devenues ainsi disponibles sont ajoutées aux cours d'allemand. Le maître suppléera aux branches en question, dans la mesure du possible, par la lecture occasionnelle d'extraits afférents du livre d'allemand. D'ailleurs l'enseignement en général, de même que les événements de la vie scolaire, promenades etc., donneront parfois l'occasion de procurer aux élèves certaines notions utiles de ces branches. Mais - et c'est là l'essentiel - il ne pourra plus en résulter de surmenage pour l'élève ni d'entrave pour le maître. Dans les écoles intéressées, l'inspection ne portera pas sur les branches rattachées au cours d'allemand.

L'arrêté visé à l'ingrès rappelle finalement les prescriptions concernant les devoirs à domicile qui pourront être imposés aux élèves. Il est de toute nécessité que cette tâche soit limitée à l'indispensable. L'enseignement primaire doit se donner essentiellement à l'école même, pendant le temps de classe et sous la direction du maître. Aucun bon instituteur ne se verra d'ailleurs tenté d'imposer à ses élèves des devoirs à domicile étendus ou difficiles. Pour remédier à tout abus possible, les prescriptions afférentes du plan d'études ont été renforcées en ce sens que les préparations à domicile sont à restreindre de sorte qu'elles ne puissent en aucun cas, c'est-à-dire même pour des élèves moins doués, nécessiter un travail de plus d'une demi-heure pour le degré inférieur, de plus de trois quarts d'heure pour le degré moyen et de plus d'une heure pour le degré supérieur. En règle générale, ces devoirs ne devront pas prendre plus d'un quart d'heure pour le degré inférieur, ni plus d'une demi-heure pour le degré moyen.

Luxembourg, le 12 juillet 1929.

Le Ministre d'Etat, Président du Gouvernement,

Jos. Bech.


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